Traumatisme psychique, hypnose et EMDR Avignon

23 juil 2026

 

EMDR et hypnose sont deux voies complémentaires dans le traitement du traumatisme psychique

 

Le traumatisme psychique constitue l'une des principales causes de souffrance durable en psychiatrie.

Les approches psychodynamiques permettent souvent d'en comprendre le sens, mais elles ne suffisent pas toujours à désensibiliser les souvenirs traumatiques.

Depuis les travaux fondateurs de Francine Shapiro à la fin des années 1980, l'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est devenue une thérapeutique de référence dans le traitement du trouble de stress post-traumatique.

Parallèlement, l'hypnose clinique moderne, issue des travaux de Milton Erickson, offre un accès privilégié aux ressources inconscientes du patient. L'association raisonnée de ces deux approches ouvre aujourd'hui des perspectives particulièrement fécondes.

Le traumatisme : une mémoire qui ne passe pas

Le traumatisme ne correspond pas uniquement à un événement dramatique. Il résulte avant tout de l'incapacité momentanée du psychisme à intégrer une expérience vécue comme insupportable.

Dans ces situations, les mécanismes habituels de traitement de l'information sont débordés. Le souvenir demeure comme figé dans un état émotionnel intense. Des années plus tard, il continue d'être revécu avec la même charge affective que lors de l'événement initial.

Cette persistance explique les cauchemars, les reviviscences, l'hypervigilance, les conduites d'évitement ou encore certaines somatisations.

Les bases neurobiologiques

Les progrès des neurosciences ont profondément renouvelé la compréhension du traumatisme.

L'imagerie cérébrale montre notamment :

·une hyperactivité de l'amygdale, impliquée dans la peur ;

·une diminution du contrôle exercé par le cortex préfrontal ;

·une perturbation du fonctionnement de l'hippocampe, essentiel à la contextualisation des souvenirs.

Le souvenir traumatique demeure ainsi stocké sous une forme émotionnelle davantage que narrative.

L'objectif thérapeutique n'est donc pas d'effacer la mémoire mais de permettre son intégration dans l'histoire personnelle du sujet.

1-L'EMDR

Développée par Francine Shapiro en 1987, l'EMDR repose sur une stimulation bilatérale alternée (mouvements oculaires, tapotements ou stimulations auditives) pendant que le patient reste en contact avec son souvenir traumatique.

Cette double attention favorise une reprise du traitement adaptatif de l'information.

Les recherches montrent une diminution progressive :

·de l'intensité émotionnelle ;

·des cognitions négatives ;

·des réactions physiologiques associées au souvenir.

Aujourd'hui, l'Organisation mondiale de la Santé et de nombreuses recommandations internationales reconnaissent l'EMDR comme un traitement de première intention du trouble de stress post-traumatique.

2-L'hypnose clinique

Loin des représentations spectaculaires de l'hypnose de scène, l'hypnose médicale et thérapeutique constitue un état particulier de conscience dans lequel l'attention se focalise tout en laissant émerger les ressources inconscientes.

Milton Erickson a profondément renouvelé cette pratique en privilégiant les capacités propres du patient plutôt que la suggestion autoritaire.

En situation traumatique, l'hypnose permet notamment :

·d'installer un lieu de sécurité ;

·de renforcer les ressources psychiques ;

·de restaurer le sentiment de contrôle ;

·de diminuer l'intensité émotionnelle avant l'exposition au souvenir.

Pourquoi associer hypnose et EMDR ?

Ces deux approches poursuivent des objectifs différents mais complémentaires.

L'hypnose prépare le terrain thérapeutique. Elle favorise la sécurité intérieure, la stabilité émotionnelle et la mobilisation des ressources personnelles.

L'EMDR intervient ensuite pour retraiter les souvenirs traumatiques eux-mêmes.

Chez les patients présentant des traumatismes complexes, cette complémentarité apparaît particulièrement intéressante.

Le thérapeute peut ainsi adapter le rythme du travail à la tolérance émotionnelle de chaque patient.

Une psychothérapie intégrative

Aucune technique, prise isolément, ne constitue une réponse universelle.

L'expérience clinique montre que la qualité de l'alliance thérapeutique demeure le premier facteur de réussite.

Les techniques n'agissent véritablement que lorsqu'elles sont portées par une relation de confiance.

L'EMDR ne remplace ni la psychothérapie, ni la réflexion sur l'histoire du sujet.

De même, l'hypnose ne se réduit pas à une simple induction. Elle participe d'une rencontre clinique où le patient découvre progressivement des ressources qu'il ignorait posséder.

Conclusion

Le traitement du traumatisme ne consiste pas à faire disparaître le passé.

Il consiste à permettre que celui-ci cesse de gouverner le présent.

L'EMDR et l'hypnose offrent deux chemins complémentaires vers cette transformation. L'une facilite le retraitement adaptatif des souvenirs douloureux ; l'autre mobilise les capacités créatrices de l'inconscient.

Lorsqu'elles s'inscrivent dans une alliance thérapeutique solide, ces approches permettent fréquemment au patient de retrouver une liberté psychique que le traumatisme semblait avoir définitivement compromise.

Références scientifiques essentielles

·Damasio, A. R. (1994). Descartes' Error: Emotion, Reason, and the Human Brain. Putnam.

·Kandel, E. R. (2006). In Search of Memory. W. W. Norton.

·LeDoux, J. E. (1996). The Emotional Brain. Simon & Schuster.

·Shapiro, F. (1989). Efficacy of the Eye Movement Desensitization Procedure in the Treatment of Traumatic Memories. Journal of Traumatic Stress, 2(2), 199-223.

·Shapiro, F. (2018). Eye Movement Desensitization and Reprocessing (EMDR) Therapy (3e éd.). Guilford Press.

·Van der Kolk, B. A. (2014). The Body Keeps the Score. Viking.

·Rossi, E. L. (2002). The Psychobiology of Gene Expression. W. W. Norton.

·Erickson, M. H., & Rossi, E. L. (1989). Hypnotherapy: An Exploratory Casebook. Irvington.

·World Health Organization. (2013). Guidelines for the Management of Conditions Specifically Related to Stress.

La Parole Valère Novarina Avignon

8 juil 2026

La parole peut sembler utile pour communiquer pratique pour désigner les outils. Mais ça n’est pas ça qu’elle est surtout. Elle est surtout le signe que nous sommes formés autour d’un vide, que nous sommes de la chair autour d’un trou, l’entourant, et que le trou n’est pas devant nous (comme une tombe par exemple où il faudrait un jour tomber pour faire une fin), mais dans nous, mais dedans, et que nous sommes non pas ceux qui ont le néant pour avenir – ça c’est le sort des animaux- mais ceux qui portent leur néant à l’intérieur. Non ceux à qui le néant est promis (comme un future qui nous attend), mais ceux à qui il a été donné, dès maintenant, comme quelque chose qui est à l’intérieur de nos paroles. Ici. De tous les animaux nous sommes les seuls qui avons ce trou à porter.

(Valère Novarina, Le Théâtre des paroles, pour Louis de Funès, Paris, P.O.L.,p129)

Prochain ouvrage Méditations sur la guérison

29 juin 2026

En faisant retour sur mon parcours de Psychiatre des Hôpitaux et réfléchissant à mon élaboration thérapeutique et aux différentes pratiques intégratives de la clinique, je prépare un nouvel ouvrage provsoirement intitulé: "Méditations sur la Gérison". Il fait le point théorique et clinique sur les forces vives d'un patient qui s'empare de ce qui est vivant en lui. Cet ouvrage nécessitera une longue élaboration afin d'aider ceux qui s'ouvrent peu à peu à l'aurore de la pulsion de vie et apprennent à être à l'écoute de leur désir en changeant leur point de vue sur eux-même, les autres et le monde. Car la guérison appartient à l'ouverture au monde intérieur contemporaine de l'ouverture au monde extérieur.

psychanalyse et désir Docteur Barbier Avignon

29 juin 2026

Le désir ne se force pas ! Il se nourrit.Se protège.  S’entretient.

Malaise dans la civilisation Avignon

13 mai 2026

Voici la conclusion de l'ouvrage de Freud" Malaise dans la civilisation", dans sa nouvelle traduction du Seuil:

"La question cruciale pour le genre humain me semble être de savoir si et dans quelle mesure l'évolution de sa civilisation parviendra à venir à bout des perturbations de la vie collective par l'agressivité des hommes et leur pulsion d'autodestruction. Sous ce rapport, peut-être que précisément l'époque actuelle mérite un intérêt particulier. Les hommes sont arrivés maintenant à un tel degré de maîtrise des forces de la nature qu'avec l'aide de celles-ci il leur est facile de s'exterminer les uns les autres jusqu'au dernier. Ils le savent, d'où une bonne part de leur inquiétude actuelle, de leur malheur, de leur angoisse. Il faut dès lors espérer que l'autre des deux "puissances célestes", l'éros éternel, fera un effort pour l'emporter dans le combat contre son non moins immortel adversaire. Mais qui peut prédire le succès et l'issue ?"

Sigmund Freud

Traduit de l'allemand par Bernard Lortholary. Présentation, notes et bibliographie par Clotilde Leguil, p 173.

Psychanalyse Charlotte Casiraghi Avignon

28 avr 2026

« Le soulagement est immédiat. On sait enfin ce qui n’allait pas depuis tant d’années. Ces diagnostics, bien qu’ils soient parfois justes, peuvent faire l’économie de tout ce qui peut venir fracturer nos vies. On traite le symptôme, on ajuste le comportement, on module les sécrétions – cortisol, dopamine, sérotonine. Mais on écoute de moins en moins l’histoire et le sujet, avec sa mémoire, ses contradictions et ses conflits. Tout cela devient secondaire. Comme si le récit de soi était parasite. Qu’est-ce que cela peut bien changer de le connaître, d’en être partie prenante, si on me propose d’agir tout de suite ? Alain Ehrenberg parle dans La Mécanique des passions de cette bascule contemporaine ; la souffrance n’est plus prise en compte comme un conflit intérieur à élaborer ou à élucider, mais comme un dysfonctionnement à corriger. L’histoire s’efface au profit du circuit, du schéma et de la performance. Il suffit d’un test, d’une molécule, de changer des habitudes, de suivre quelques préceptes magiques pour retrouver la sérénité. »

 

Extrait de "La fêlure"

Charlotte Casiraghi

Qu'est-ce qu'une psychanalyse Avignon

4 avr 2026

" Une psychanalyse, c’est une prise de risque. Celle d’aller y voir du côté de ces petits arrangements obscurs avec nous-mêmes qui nous assurent un certain confort mais au prix de la sincérité, d’un rapport authentique aux autres. La psychanalyse déstabilise des équilibres qui nous maintiennent pour aller vers une vérité plus grande. Parfois, nous n’avons pas le choix et il est trop difficile de renoncer à une vie fausse où, par exemple, le désir est mis à distance parce qu’il est jugé trop dangereux. Mais le résultat, c’est une vie pas vécue parce qu’il eût été trop dangereux de la vivre. Ce ne sont pas les exemples qui manquent… C’est normal de construire des défenses, mais la société et des idéologies comme le développement personnel n’ont pas à nous inciter à les ériger. Je considère que c’est une vision assez triste de la vie, de l’être humain."

Mazarine M. Pingeot

La Rencontre Avignon

4 avr 2026

*Il n y a pas de hasard dans les rencontres.... Elles ont lieu quand nous atteignons une limite.

Que nous avons besoin de mourir pour renaître.

Les rencontres nous attendent, mais parfois nous les empêchons d avoir lieu... si nous sommes désespérés et  si nous n avons plus rien a perdre,

Ou au contraire enthousiasmés par la vie, l'inconnu se manifeste et notre univers change.

Les rencontres les plus importantes ont été préparées par les âmes, bien avant que les corps ne se voient...." (Paolo Coelho)

Psychanalyse Charlotte Casiraghi la fêlure Avignon

4 avr 2026

« Le soulagement est immédiat. On sait enfin ce qui n’allait pas depuis tant d’années. Ces diagnostics, bien qu’ils soient parfois justes, peuvent faire l’économie de tout ce qui peut venir fracturer nos vies. On traite le symptôme, on ajuste le comportement, on module les sécrétions – cortisol, dopamine, sérotonine. Mais on écoute de moins en moins l’histoire et le sujet, avec sa mémoire, ses contradictions et ses conflits. Tout cela devient secondaire. Comme si le récit de soi était parasite. Qu’est-ce que cela peut bien changer de le connaître, d’en être partie prenante, si on me propose d’agir tout de suite ? Alain Ehrenberg parle dans La Mécanique des passions de cette bascule contemporaine ; la souffrance n’est plus prise en compte comme un conflit intérieur à élaborer ou à élucider, mais comme un dysfonctionnement à corriger. L’histoire s’efface au profit du circuit, du schéma et de la performance. Il suffit d’un test, d’une molécule, de changer des habitudes, de suivre quelques préceptes magiques pour retrouver la sérénité. »

 

Extrait de "La fêlure", Charlotte Casiraghi

Vieillissement et psychanalyse Avignon

3 avr 2026

Ne vieillissons pas : « Ce qui est pire c’est qu’on se demande comment le lendemain on trouvera assez de force pour continuer à faire ce qu’on a fait la veille et depuis déjà tellement trop longtemps, où on trouvera la force pour ces démarches imbéciles, ces mille projets qui n’aboutissent à rien, ces tentatives pour sortir de l’accablante nécessité, tentatives qui toujours avortent, et toutes pour aller se convaincre une fois de plus que le destin est insurmontable, qu’il faut retomber au bas de la muraille, chaque soir, sous l’angoisse de ce lendemain, toujours plus précaire, plus sordide. C’est l’âge aussi qui vient peut-être, le traître, et nous menace du pire. On n’a plus beaucoup de musique en soi pour faire danser la vie, voilà. Toute la jeunesse est allée mourir déjà au bout du monde dans le silence de vérité. Et où aller dehors, je vous le demande, dès qu’on a plus en soi la somme suffisante de délire ? La vérité, c’est une agonie qui n’en finit pas. La vérité de ce monde c’est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. »

Louis Ferdinand Celine, Voyage au bout de la nuit