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L'intuition thérapeutique, c'est un peu comme un sixième sens que développé avec l'expérience en tant que médecin. C'est cette capacité à percevoir, comprendre et réagir à des situations cliniques basées sur l'expérience passée et le feeling. Parfois, elle peut guider vers des décisions cliniques qui ne sont pas forcément évidentes au premier abord ou qui ne suivent pas strictement d'éventuels protocoles. C'est comme si notre cerveau faisait des connexions rapides entre des éléments déjà rencontrés. Il s'agit donc d'une longue Pratique.
Il y a des corps qui s’attirent, et puis il y a ceux qui s’apprennent lentement, avec la bouche, avec les silences, avec la douceur et le frôlement avec l'interdit.
Pas une brûlure, non. Plutôt une lente montée, comme une marée qui vient lécher la peau avant de l’engloutir.
Tu n’as pas touché mon corps. Tu l’as écouté.
Chaque frisson, tu l’as mérité.
Chaque soupir, tu l’as attendu.
Tu ne t’es pas précipité, tu as attendu que mes silences s’ouvrent, que mes peurs reculent.
Tu n’as pas traversé mes frontières, tu les as apprises.
Avec ta bouche, tu n’as pas seulement cherché l’envie, tu as traduit mes tremblements, mes failles, mes besoins enfouis.
Et avec ton regard, tu as dit des choses que même mes mots n’osaient pas formuler.
Il n’y avait pas de hâte, juste cette tension douce, cette envie retenue qui rend chaque geste sacré.
Tu m’aimes comme on ouvre un livre ancien, avec les doigts, avec le souffle,
et surtout avec cette patience infinie de celui qui sait qu’un corps, ça ne se prend pas, ça se découvre.
" Nous ne lisons pas et n’écrivons pas de la poésie parce que c’est joli.
Nous lisons et écrivons de la poésie parce que nous faisons partie de l’espèce humaine.
Et l’espèce humaine est emplie de passion.
La médecine, le droit, le commerce, l’ingénierie… Ce sont des métiers nobles et nécessaires pour survivre.
Mais la poésie, la beauté, la romance, l’amour… ce sont ces choses-là qui nous font rester en vie".
Le Cercle des poètes disparus (1989)
Réalisé par Peter Weir
Écrit par Tom Schulman
S'éprendre d'un substitut maternel, c'est donner des gages au destin
Dans plusieurs de ses analyses, Freud associe la trajectoire destinale de l'individu au comportement de la mère à son égard. Dans « Un souvenir d'enfance de Poésie et Vérité », il écrit: « Quand on a été favori incontesté de sa mère, on en garde pour la vie ce sentiment conquérant, cette assurance du succès, dont il n'est pas rare qu'elle entraîne effectivement après soi le succès. »
En conséquence, on pourrait affirmer tout bonnement que c'est l'amour « satisfaisant » de la mère à l'endroit de son enfant qui anime et impulse chez ce dernier son amour de la vie.
(Houari Maidi, Le Féminin et ses images, Paris, Armand Colin, 2015.)
Nous pouvons faire l'hypothèse qu'il n'est pas impossible que sous chaque "maladie" se trouve l'interdiction de faire quelque chose que nous désirons ou l'ordre de faire quelque chose que nous ne désirons pas.
Toute guérison exige la désobéissance à cet interdit ou à cet ordre. Et pour désobéir, il faut se débarrasser de la peur enfantine de ne plus être aimé, c'est à dire abandonné.
Cette peur entraîne un manque de conscience et de confiance.
Celui qui en est affecté n'a pas conscience de ce qu'il est vraiment, car il essaye d'être ce que les autres attendent qu'il soit. S'il persiste dans cette attitude, il transforme sa beauté intime en maladie.
La santé ne peut se trouver que dans l'authenticité.
Pour parvenir à ce que nous sommes, il faut éliminer ce que nous ne sommes pas.
Le plus grand bonheur, c'est d'être ce que l'on est.
D'où l'importance d'un travail sur soi que seule la psychanalyse permet.
"Aimer, c’est donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas" disait Lacan.
Une formule qui semble décourageante, voire absurde… mais qui touche pourtant quelque chose de très juste. Aimer, c’est souvent tendre à l’autre la trace de notre propre manque, ce vide intime que l’on n’a jamais su combler. On n’offre pas ce qu’on a, mais ce qui nous a manqué, en espérant que cela ait de la valeur pour lui.
Le hic, c’est que l’autre n’en veut pas. Ce qu’on lui tend, il ne l’a ni demandé, ni reconnu comme utile. Pire, parfois, il ne sait même quoi en faire.
C’est un peu comme ce parent qui pousse son enfant à entreprendre de longues études parce que lui même n’en a pas fait, ou qui couvre l’enfant de cadeaux pour réparer une enfance frustrée. Il donne ce qu’il n’a jamais eu, croyant bien faire… mais l’enfant, lui, se retrouve chargé d’un désir qui n’est pas le sien.
On croit aimer, mais on projette. On croit réparer, mais on encombre.
En somme, on tente de résoudre son propre problème avec quelqu’un qui en a un autre.
Fort heureusement ce malentendu n’épuise pas tout l’amour possible. Il existe une autre manière d'aimer, en renonçant à vouloir combler quoi que ce soit. Aimer alors, ce serait reconnaître l’autre dans ce qu’il est, non pas pour ce qu’il nous donne ou répare, mais pour ce qu’il désire, même si cela nous échappe. Ce n’est peut être pas l’amour des romans à l’eau de rose, mais au moins c’est un amour qui tient debout, les mains vides mais ouvertes. Bien moins spectaculaire, mais profondément humain
C'est le monde des mots qui crée le monde des choses.
— Jacques Lacan, « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse », dans Écrits (1966)
Origine et contexte :
Jacques Lacan (1901–1981), a repensé les idées de Freud à travers la langue, la philosophie et la linguistique structurelle. Dans ce célèbre essai de 1953 — inclus dans son œuvre Écrits — il affirme que le sujet humain est constitué en et par la langue. Cette phrase condense son idée centrale : les mots ne nomment pas seulement la réalité, ils la configurent.
Le langage comme structure d'expérience :
Lacan affirme que nous ne percevons pas le monde tel qu'il est, mais tel que nous pouvons le nommer. Ce qui n'a pas de nom ne peut être pensé, et ce qui ne s'articule pas en mots n'entre pas dans le monde symbolique du sujet. C'est là toute la différence entre le réel, ce contre quoi l'on bute et la réalité qui correspond à notre représentation du monde, très subjective, donc !
Le mot comme origine de l'humain réel :
Contrairement aux objets physiques, les choses humaines - la loi, le désir, l'identité, le manque - existent parce que nous les disons, les racontons, les interprétons. Le mot est l'acte fondateur du sens.
Une vision approfondie du juridique, du social et du psychique :
Cette phrase résonne aussi dans le domaine du droit, où les règles, les pactes et les droits n'existent pas par nature, mais parce que la langue les crée. Ce qui a été dit crée le possible.
(Tiré de Augusto Dario Auden Correa
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"Que veut le psychanalyste, en effet ? Ramener à la surface de la conscience tout ce qui en a été refoulé. Or, chacun de nous a refoulé beaucoup de choses que nous maintenons peut-être avec peine dans notre inconscient. La psychanalyse provoque donc, chez ceux qui en entendent parler, la même résistance qu’elle provoque chez les malades. C’est de là que vient sans doute l’opposition si vive, si instinctive, que notre discipline a le don d’exciter. Cette résistance prend du reste le masque de l’opposition intellectuelle et enfante des arguments analogues à ceux que nous écartons chez nos malades au moyen de la règle psychanalytique fondamentale. Tout comme chez eux, nous pouvons aussi constater chez nos adversaires que leur jugement se laisse fréquemment influencer par des motifs affectifs, d’où leur tendance à la sévérité. La vanité de la conscience, qui repousse si dédaigneusement le rêve par exemple, est un des obstacles les plus sérieux à la pénétration des complexes inconscients ; c’est pourquoi il est si difficile de persuader les hommes de la réalité de l’inconscient et de leur enseigner une nouveauté qui contredit les notions dont s’est accommodée leur connaissance consciente."
Freud S., Cinq leçons sur la psychanalyse, Paris, Petite Bibliothèque Payot, 2015, p. 7