Donald Woods Winnicott était l'un des psychanalystes les plus influents de Grande-Bretagne. En dehors des conflits qui ont divisé les adeptes d'Anna Freud et de Melanie Klein, Winnicott a pu construire une position autonome dans le domaine de la psychanalyse de l'enfance et du développement.

 

Parmi ses concepts les plus intéressants, le « faux-self » occupe une place d'une grande importance.

De quoi s'agit-il ?

Au contact du monde extérieur, l'enfant développerait sa subjectivité en mûrant une sorte de "fléau", de "courage" pour se protéger du conflit constant entre l'intérieur, les impulsions et le monde extérieur.

 

Par "faux soi" on entend ce genre de barrière qui sépare le monde psychique intérieur du monde extérieur.

 

Ce type de barrière peut être de « profondeurs psychologiques » différentes, influençant la subjectivité de l'individu : comme toute barrière, si perméable, elle permet le contact entre les deux dimensions qui se séparent ; de l'autre, si elle devient, comme un « exosquelette », le véritable soutien de la subjectivité, elle donne naissance à un « forme ordinaire de folie ».

 

Dans « Game and Reality », Winnicott distingue deux formes différentes de psychose :

d'une part une psychose extraordinaire, caractérisée par une perte de réalité ; dans ce cas on observe une séparation du sujet de la réalité ordinaire, une dissolution qui se traduit par une vision délirante du monde et de ses limites, souvent avec des phénomènes élémentaires et hallucinants ;

d'un autre côté, des formes de psychose qui n'impliquent pas que le sujet s'éloigne de la réalité externe mais de lui-même, de son inconscience et de son intérieur

 

Sur quoi repose la vie du sujet ? Sur votre propre impulsion intérieure ou sur l'exosquelette d'autres personnes sociales ?

 

Winnicott parle des patients incapables de se connecter à leurs émotions, à leur côté créatif et à leur moi intérieur ; la dimension de l'inconscient est abolie en faveur d'un attachement radical aux règles du monde extérieur, aux conventions sociales et coutumes qui déterminent les comportements et les possibilités des expressions codées.

 

C'est ce que Recalcati appelle une « clinique d'identification solide ».

 

Dans ce cas, la psychose ne se manifeste pas sous la forme d’une « rupture avec la réalité », mais comme un excès d’assimilation conformiste, d’une prévalence totale du discours commun en faveur du discours subjectif.

 

Ces gens vivent une existence apparemment ordinaire, compatible avec le reste de la société et avec ses règles. C'est dans l'Altra social que ces individus demandent constamment à être guidés et orientés, sans aucune forme de contact avec leur dimension intérieure.

 

L'aliénation profonde de votre propre inconscience entraîne l'incapacité de faire votre propre expérience de désir.

Tout cela entraîne la perte du "sentiment de la vie elle-même" : l'existence de ces sujets est en fait caractérisée par un profond sentiment de vide et d'apathie, une sorte de "mort vivante" faite d'une routine toujours la même et répétitive.

 

Beaucoup d'analystes ont essayé de décrire les particularités de ce fonctionnement psychotique : Lacan l'a appelé « psychose ordinaire » ; Bollas en revanche utilise l'expression « personnalité normotique ».

Au-delà de la définition théorique, tous ces analystes soulignent l'effet mortel de la séparation du sujet de sa vie intérieure, résultat extrême de la soumission aux diktats de la civilisation.

 

L'article complet est disponible sur le site internet.

 

Pour développer :

Donald Winnicott - « Jeux et réalité » ;

Massimo Recalcati – « L'homme inconscient » ;

Robert Rodman - Winnicott. La vie et le travail ».

 

Donald Woods Winnicott était l'un des psychanalystes les plus influents de Grande-Bretagne. En dehors des conflits qui ont divisé les adeptes d'Anna Freud et de Melanie Klein, Winnicott a pu construire une position autonome dans le domaine de la psychanalyse de l'enfance et du développement.

 

Parmi ses concepts les plus intéressants, le « faux-moi » occupe une place d'une grande importance.

De quoi s'agit-il ?

Au contact du monde extérieur, l'enfant développerait sa subjectivité en mûrant une sorte de "fléau", de "courage" pour se protéger du conflit constant entre l'intérieur, les impulsions et le monde extérieur.

 

Par "faux soi" on entend ce genre de barrière qui sépare le monde psychique intérieur du monde extérieur.

 

Ce type de barrière peut être de « profondeurs psychologiques » différentes, influençant la subjectivité de l'individu : comme toute barrière, si perméable, elle permet le contact entre les deux dimensions qui se séparent ; de l'autre, si elle devient, comme un « exosquelette », le véritable soutien de la subjectivité, elle donne naissance à un « forme ordinaire de folie ».

 

Dans « Game and Reality », Winnicott distingue deux formes différentes de psychose :

d'une part une psychose extraordinaire, caractérisée par une perte de réalité ; dans ce cas on observe une séparation du sujet de la réalité ordinaire, une dissolution qui se traduit par une vision délirante du monde et de ses limites, souvent avec des phénomènes élémentaires et hallucinants ;

d'un autre côté, des formes de psychose qui n'impliquent pas que le sujet s'éloigne de la réalité externe mais de lui-même, de son inconscience et de son intérieur

 

Sur quoi repose la vie du sujet ? Sur votre propre impulsion intérieure ou sur l'exosquelette d'autres personnes sociales ?

 

Winnicott parle des patients incapables de se connecter à leurs émotions, à leur côté créatif et à leur moi intérieur ; la dimension de l'inconscient est abolie en faveur d'un attachement radical aux règles du monde extérieur, aux conventions sociales et coutumes qui déterminent les comportements et les possibilités des expressions codées.

 

C'est ce que Recalcati appelle une « clinique d'identification solide ».

 

Dans ce cas, la psychose ne se manifeste pas sous la forme d’une « rupture avec la réalité », mais comme un excès d’assimilation conformiste, d’une prévalence totale du discours commun en faveur du discours subjectif.

 

Ces gens vivent une existence apparemment ordinaire, compatible avec le reste de la société et avec ses règles. C'est dans l'Altra social que ces individus demandent constamment à être guidés et orientés, sans aucune forme de contact avec leur dimension intérieure.

 

L'aliénation profonde de votre propre inconscience entraîne l'incapacité de faire votre propre expérience de désir.

Tout cela entraîne la perte du "sentiment de la vie elle-même" : l'existence de ces sujets est en fait caractérisée par un profond sentiment de vide et d'apathie, une sorte de "mort vivante" faite d'une routine toujours la même et répétitive.

 

Beaucoup d'analystes ont essayé de décrire les particularités de ce fonctionnement psychotique : Lacan l'a appelé « psychose ordinaire » ; Bollas en revanche utilise l'expression « personnalité normotique ».

Au-delà de la définition théorique, tous ces analystes soulignent l'effet mortel de la séparation du sujet de sa vie intérieure, résultat extrême de la soumission aux diktats de la civilisation.

 

L'article complet est disponible sur le site internet.

 

Pour développer :

Donald Winnicott - « Jeux et réalité » ;

Massimo Recalcati – « L'homme inconscient » ;

Robert Rodman - Winnicott. La vie et le travail ».

Date: 
Jeudi, 30 octobre, 2025
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