La parole peut sembler utile pour communiquer pratique pour désigner les outils. Mais ça n’est pas ça qu’elle est surtout. Elle est surtout le signe que nous sommes formés autour d’un vide, que nous sommes de la chair autour d’un trou, l’entourant, et que le trou n’est pas devant nous (comme une tombe par exemple où il faudrait un jour tomber pour faire une fin), mais dans nous, mais dedans, et que nous sommes non pas ceux qui ont le néant pour avenir – ça c’est le sort des animaux- mais ceux qui portent leur néant à l’intérieur. Non ceux à qui le néant est promis (comme un future qui nous attend), mais ceux à qui il a été donné, dès maintenant, comme quelque chose qui est à l’intérieur de nos paroles. Ici. De tous les animaux nous sommes les seuls qui avons ce trou à porter.

(Valère Novarina, Le Théâtre des paroles, pour Louis de Funès, Paris, P.O.L.,p129)

Date: 
Mercredi, 8 juillet, 2026
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