La Parole Valère Novarina Avignon

8 juil 2026

La parole peut sembler utile pour communiquer pratique pour désigner les outils. Mais ça n’est pas ça qu’elle est surtout. Elle est surtout le signe que nous sommes formés autour d’un vide, que nous sommes de la chair autour d’un trou, l’entourant, et que le trou n’est pas devant nous (comme une tombe par exemple où il faudrait un jour tomber pour faire une fin), mais dans nous, mais dedans, et que nous sommes non pas ceux qui ont le néant pour avenir – ça c’est le sort des animaux- mais ceux qui portent leur néant à l’intérieur. Non ceux à qui le néant est promis (comme un future qui nous attend), mais ceux à qui il a été donné, dès maintenant, comme quelque chose qui est à l’intérieur de nos paroles. Ici. De tous les animaux nous sommes les seuls qui avons ce trou à porter.

(Valère Novarina, Le Théâtre des paroles, pour Louis de Funès, Paris, P.O.L.,p129)

Prochain ouvrage Méditations sur la guérison

29 juin 2026

En faisant retour sur mon parcours de Psychiatre des Hôpitaux et réfléchissant à mon élaboration thérapeutique et aux différentes pratiques intégratives de la clinique, je prépare un nouvel ouvrage provsoirement intitulé: "Méditations sur la Gérison". Il fait le point théorique et clinique sur les forces vives d'un patient qui s'empare de ce qui est vivant en lui. Cet ouvrage nécessitera une longue élaboration afin d'aider ceux qui s'ouvrent peu à peu à l'aurore de la pulsion de vie et apprennent à être à l'écoute de leur désir en changeant leur point de vue sur eux-même, les autres et le monde. Car la guérison appartient à l'ouverture au monde intérieur contemporaine de l'ouverture au monde extérieur.

psychanalyse et désir Docteur Barbier Avignon

29 juin 2026

Le désir ne se force pas ! Il se nourrit.Se protège.  S’entretient.

Malaise dans la civilisation Avignon

13 mai 2026

Voici la conclusion de l'ouvrage de Freud" Malaise dans la civilisation", dans sa nouvelle traduction du Seuil:

"La question cruciale pour le genre humain me semble être de savoir si et dans quelle mesure l'évolution de sa civilisation parviendra à venir à bout des perturbations de la vie collective par l'agressivité des hommes et leur pulsion d'autodestruction. Sous ce rapport, peut-être que précisément l'époque actuelle mérite un intérêt particulier. Les hommes sont arrivés maintenant à un tel degré de maîtrise des forces de la nature qu'avec l'aide de celles-ci il leur est facile de s'exterminer les uns les autres jusqu'au dernier. Ils le savent, d'où une bonne part de leur inquiétude actuelle, de leur malheur, de leur angoisse. Il faut dès lors espérer que l'autre des deux "puissances célestes", l'éros éternel, fera un effort pour l'emporter dans le combat contre son non moins immortel adversaire. Mais qui peut prédire le succès et l'issue ?"

Sigmund Freud

Traduit de l'allemand par Bernard Lortholary. Présentation, notes et bibliographie par Clotilde Leguil, p 173.

Psychanalyse Charlotte Casiraghi Avignon

28 avr 2026

« Le soulagement est immédiat. On sait enfin ce qui n’allait pas depuis tant d’années. Ces diagnostics, bien qu’ils soient parfois justes, peuvent faire l’économie de tout ce qui peut venir fracturer nos vies. On traite le symptôme, on ajuste le comportement, on module les sécrétions – cortisol, dopamine, sérotonine. Mais on écoute de moins en moins l’histoire et le sujet, avec sa mémoire, ses contradictions et ses conflits. Tout cela devient secondaire. Comme si le récit de soi était parasite. Qu’est-ce que cela peut bien changer de le connaître, d’en être partie prenante, si on me propose d’agir tout de suite ? Alain Ehrenberg parle dans La Mécanique des passions de cette bascule contemporaine ; la souffrance n’est plus prise en compte comme un conflit intérieur à élaborer ou à élucider, mais comme un dysfonctionnement à corriger. L’histoire s’efface au profit du circuit, du schéma et de la performance. Il suffit d’un test, d’une molécule, de changer des habitudes, de suivre quelques préceptes magiques pour retrouver la sérénité. »

 

Extrait de "La fêlure"

Charlotte Casiraghi

Qu'est-ce qu'une psychanalyse Avignon

4 avr 2026

" Une psychanalyse, c’est une prise de risque. Celle d’aller y voir du côté de ces petits arrangements obscurs avec nous-mêmes qui nous assurent un certain confort mais au prix de la sincérité, d’un rapport authentique aux autres. La psychanalyse déstabilise des équilibres qui nous maintiennent pour aller vers une vérité plus grande. Parfois, nous n’avons pas le choix et il est trop difficile de renoncer à une vie fausse où, par exemple, le désir est mis à distance parce qu’il est jugé trop dangereux. Mais le résultat, c’est une vie pas vécue parce qu’il eût été trop dangereux de la vivre. Ce ne sont pas les exemples qui manquent… C’est normal de construire des défenses, mais la société et des idéologies comme le développement personnel n’ont pas à nous inciter à les ériger. Je considère que c’est une vision assez triste de la vie, de l’être humain."

Mazarine M. Pingeot

La Rencontre Avignon

4 avr 2026

*Il n y a pas de hasard dans les rencontres.... Elles ont lieu quand nous atteignons une limite.

Que nous avons besoin de mourir pour renaître.

Les rencontres nous attendent, mais parfois nous les empêchons d avoir lieu... si nous sommes désespérés et  si nous n avons plus rien a perdre,

Ou au contraire enthousiasmés par la vie, l'inconnu se manifeste et notre univers change.

Les rencontres les plus importantes ont été préparées par les âmes, bien avant que les corps ne se voient...." (Paolo Coelho)

Psychanalyse Charlotte Casiraghi la fêlure Avignon

4 avr 2026

« Le soulagement est immédiat. On sait enfin ce qui n’allait pas depuis tant d’années. Ces diagnostics, bien qu’ils soient parfois justes, peuvent faire l’économie de tout ce qui peut venir fracturer nos vies. On traite le symptôme, on ajuste le comportement, on module les sécrétions – cortisol, dopamine, sérotonine. Mais on écoute de moins en moins l’histoire et le sujet, avec sa mémoire, ses contradictions et ses conflits. Tout cela devient secondaire. Comme si le récit de soi était parasite. Qu’est-ce que cela peut bien changer de le connaître, d’en être partie prenante, si on me propose d’agir tout de suite ? Alain Ehrenberg parle dans La Mécanique des passions de cette bascule contemporaine ; la souffrance n’est plus prise en compte comme un conflit intérieur à élaborer ou à élucider, mais comme un dysfonctionnement à corriger. L’histoire s’efface au profit du circuit, du schéma et de la performance. Il suffit d’un test, d’une molécule, de changer des habitudes, de suivre quelques préceptes magiques pour retrouver la sérénité. »

 

Extrait de "La fêlure", Charlotte Casiraghi

Vieillissement et psychanalyse Avignon

3 avr 2026

Ne vieillissons pas : « Ce qui est pire c’est qu’on se demande comment le lendemain on trouvera assez de force pour continuer à faire ce qu’on a fait la veille et depuis déjà tellement trop longtemps, où on trouvera la force pour ces démarches imbéciles, ces mille projets qui n’aboutissent à rien, ces tentatives pour sortir de l’accablante nécessité, tentatives qui toujours avortent, et toutes pour aller se convaincre une fois de plus que le destin est insurmontable, qu’il faut retomber au bas de la muraille, chaque soir, sous l’angoisse de ce lendemain, toujours plus précaire, plus sordide. C’est l’âge aussi qui vient peut-être, le traître, et nous menace du pire. On n’a plus beaucoup de musique en soi pour faire danser la vie, voilà. Toute la jeunesse est allée mourir déjà au bout du monde dans le silence de vérité. Et où aller dehors, je vous le demande, dès qu’on a plus en soi la somme suffisante de délire ? La vérité, c’est une agonie qui n’en finit pas. La vérité de ce monde c’est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. »

Louis Ferdinand Celine, Voyage au bout de la nuit

Le noyau pervers Paul Claude Racamier Avignon

18 mar 2026

 Le noyau s’installe insidieusement dans l’organisme, dans le groupe, dans l’institution, dans le milieu social, quand ce n’est pas dans une nation tout entière. Il va suffire d’une défaillance, serait-elle passagère, de cet organisme ou de ce pays, pour que le noyau entre en action. […] Les plus enviables d’entre elles (les institutions) seront les plus visées. Car le moteur du noyau pervers, comme de toute perversion, c’est bien l’envie. Quant au but, c’est la prédation. Pour les moyens, ce seront ceux de la pensée perverse, mise en œuvre au sein d’un groupe. Le noyau pervers ne crée pas ; il infiltre ; il parasite ; il s’étend ; il se ramifie. Le noyau s’est installé sans crier gare. Il a fait mine de participer à l’œuvre commune. Agglutinant pour les utiliser ceux qu’il peut narcissiquement séduire, rejetant ceux qu’il ne réussit pas à capturer, le noyau entreprend de contaminer le milieu qu’il parasite. Par le mensonge et le secret, par la projection perverse et par l’intimidation, par la disqualification et le faire-semblant, le noyau, toujours agissant dans l’ombre, s’attache à ronger peu à peu, jusqu’à les rompre, les liens existant entre les personnes, entre les faits et les connaissances. Ne le savons-nous pas déjà ? La perversion narcissique se consacre tout entière à délier, dénouer et disjoindre. Tout cela, demandera-t-on, pourquoi ? Même pas forcément pour la gloire. Mais pour le pouvoir. Pour les indéracinables plaisirs de l’emprise. Pour le plaisir narcissique de blesser narcissiquement les autres. Pour venir enfin à bout de la créativité qui fait si cruellement envie aux inféconds lorsqu’elle émane des autres ; et pour la satisfaction de tuer la vérité dans l’œuf avant qu’elle ne pique ; et pour le profit : pour la rapine. »
Paul-Claude RACAMIER, ,Le noyau pervers,1985